L’accord qui avait finalement décidé les employés des tpg à ne pas poursuivre leur mouvement en décembre 2014 devait permettre de stopper la spirale d’épuisement dans laquelle se trouvait la majorité des conducteurs. L’entreprise a sciemment laissés vacants de nombreux postes suite à des démissions et à des départs naturels. Le sous-effectif chronique que dénonçaient les syndicats depuis plus de deux ans a donc été accentué en toute connaissance de cause. Les TPG recrutent 36 nouveaux conducteurs. C’est nettement insuffisant puisque le besoin réel avait été évalué à 120 postes avec l’offre prévue dans le contrat de prestations 2011-2014. L’offre sera certes revue à la baisse en décembre, mais il faudra bien plus que 36 conducteurs pour améliorer leurs conditions de travail.
Aujourd’hui, les travailleurs subissent les conséquences de la politique de la direction de plein fouet. Chaque jour, des courses ne sont pas attribuées car il manque des conducteurs. Depuis quelques temps, des véhicules ne sortent pas effectuer leur parcours. Le personnel est rappelé sur ses jours de congé, effectue des heures supplémentaires pour pallier le manque de conducteurs. Il en résulte une augmentation de la fatigue et du stress qui font bondir les risques psychosociaux. Les chiffres de l’absentéisme sont éloquents: 6% fin 2014, 8% en avril,14% aujourd’hui !
Le Front syndical tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme car les solutions de l’entreprise sont inquiétantes: faire conduire les cadres, les contrôleurs de titres de transports ou améliorer les gestes métiers, comme fermer les portes plus rapidement. Voilà qui va permettre de s’attirer les foudres des usagers!
La conduite n’est pas le seul domaine où les mesures d’économie ne s’appliquent qu’au personnel. Les gains de rentabilité et de productivité ont leurs limites, si les TPG ont gagné 100% de productivité en quatre ans, les dotations en personnel ont dans le même temps augmenté de 30% à peine. Cela signifie transporter plus de personnes en moins de temps. Cela signifie plus de responsabilité et plus de stress.
Le Front syndical exige la mise en œuvre rapide de mesures correctrices afin que l’accord trouvé après la grève du 19 novembre soit respecté. Des mesures de lutte ne sont pas à exclure.