*Avant leur conférence de presse du 1er mars, les CFF parlaient de 750 postes.
La saignée infligée au WLV s'explique selon CFF Cargo par le déficit encouru et le «recul accru de la demande» durant l’an dernier. Mais l'entreprise ne dit pas qu'elle a elle-même déclenché ce recul: elle a tellement mal planifié le lancement du « WLV17 » en décembre 2016 que les nombreuses pannes ont frustré la clientèle et qu'il a fallu trop souvent rechercher des solutions d'urgence et procéder à des corrections, ce qui a augmenté les coûts alors que le chiffre d'affaires a baissé. « Si le personnel n'avait pas fait tout son possible avec un engagement sans faille et une grande flexibilité, encore plus de clients seraient partis », affirme Philipp Hadorn. « D'autre part, le WLV a aussi subi les conséquences de la fermeture de l’axe nord-sud à Rastatt (D) durant plusieurs semaines. Le déficit de Cargo en 2017 ne justifie donc pas un tel coup de sabre ! »
Recherche de rentabilité à court terme
« Supprimer un quart des points de desserte parce que soi-disant les coûts n'étaient plus supportables pour la clientèle est complètement exagéré », déclare Philippe Hadorn. « Les moyens de plus en plus utilisés par CFF Cargo sur le plan de la numérisation, tels que les attelages automatiques, les caméras et autres senseurs vont aussi rendre le WLV plus productif. En outre, les petits points de desserte créent quand même tous ensemble un volume de trafic nécessaire pour le système WLV. De plus, le transport des marchandises est un marché en pleine croissance: il va croître de 45% jusqu'en 2040 en Suisse selon les estimations de l'administration fédérale. Cela ne fait aucun sens sur le plan stratégique de procéder à un tel démantèlement des capacités ! » Le démantèlement du WLV ne peut même pas vraiment satisfaire les transporteurs routiers puisque des centaines de camions supplémentaires vont encombrer les routes. Et cela va à l'encontre de ce que le peuple a exprimé à maintes reprises, soit de transporter les marchandises de préférence sur le rail.
Des solutions constructives et supportables sont requises
Pour toutes ces raisons, les syndicats exigent que CFF Cargo renonce à cette automutilation pessimiste et qu'au lieu de cela, elle se penche sur la question des points de desserte avec la clientèle, la Confédération et les autorités locales. Ceci afin de rechercher des solutions pour pouvoir continuer à servir la clientèle et d’éviter le déferlement des camions. Cela implique de dévier du principe de l'auto-financement, mais se trouve être dans l'intérêt de la population et de l'environnement.
Terminer les réorganisations en cours et assumer ses responsabilités sociales
« S'ajoute à cela le fait que les dernières réorganisations chez Cargo ne sont encore pas du tout terminées, toutefois aujourd'hui on ressent déjà un fort manque de personnel qui provoque des situations précaires », prévient Philipp Hadorn. « L'insécurité qui plane sur le personnel est énorme et sa patience est à bout: beaucoup travaillent aux limites de leurs possibilités, voire au-delà. Ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes afin de prévenir le ‘WLV17’ de l'effondrement, que ce soit dans la surface ou à la centrale. Et maintenant ils doivent perdre leur poste en remerciement ! Nous discuterons avec les sections des membres concernés de la suite à donner. »
Le politique doit rappeler à l'ordre la direction des CFF
Parallèlement à cela, Philipp Hadorn lance un appel au politique avec sa motion au Conseil national « CFF Cargo: Pause de réflexion – les CFF et CFF Cargo ne peuvent pas mépriser ainsi les contributions du propriétaire » : « Le Conseil fédéral doit assurer que les CFF et CFF Cargo ne posent aucun jalon stratégique pour l'avenir de CFF Cargo jusqu'à ce que le Conseil d'administration de CFF Cargo, présidé par une personne externe, ait développé une nouvelle stratégie qui assure à l'entreprise un renouvellement durable. »
Les syndicats ne vont cependant pas simplement espérer que le Parlement stoppe ce démantèlement, comme cela a été le cas en 2017 pour la suppression des services CFF dans les points de vente par des tiers. Ils vont pour leur part exercer un travail de persuasion, aux côtés du personnel, auprès de la direction des CFF.
Pour de plus amples renseignements :
Philipp Hadorn, 079 600 96 70,